Vous êtes contactés par tradeogre.ca ? Ne donnez surtout pas suite : il s’agit très vraisemblablement d’une escroquerie.

Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez une première orientation

192 jours d’existence pour un site internet, c’est assez court…

Tradeogre.ca est un site web qui a été créé le 19 juillet 2025. C’est ce que l’on constate en réalisant ce qu’on appelle une recherche de whois avec tradeogre.ca. Autrement dit, tradeogre.ca a été mis en ligne il y a 192 jours.

C’est particulièrement récent pour une offre de cette nature. La nouveauté de tradeogre.ca doit inciter à la prudence, même si ce point, à lui seul, ne permet pas de conclure. Nous nous appuyons aussi sur d’autres signaux, détaillés ci-dessous, qui nous amènent à l’affirmer.

Enfin, notez que tradeogre.ca a choisi d’héberger son site sur des serveurs situés aux États-Unis. C’est un élément à considérer lorsqu’on évalue le sérieux d’un site et d’une proposition d’investissement.

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Pourquoi l’industrie des cryptos relance les arnaques au trading?

Depuis quelques années, nous observons que l’industrie des arnaques au faux investissement, qui proposait auparavant des services frauduleux de spéculation sur le forex, les options, les marchés à terme et les CFD, a détourné la blockchain et les cryptomonnaies pour continuer à dépouiller les épargnants.

Ils ne demandent plus à leurs victimes de passer un ordre sur l’euro contre le dollar, par exemple, mais de trader des cryptos comme le Bitcoin ou l’Ether. Cela leur permet de profiter de la tendance et de l’actualité. Les médias parlent en permanence des cours des cryptomonnaies, de la volatilité du bitcoin, ou encore d’affaires liées à Bitpanda, Etoro, Trade Republic ou Binance…

Dans l’esprit de nombreux investisseurs, la crypto est devenue un placement comme un autre, alors que nous estimons qu’il s’agit d’un univers très risqué. Les escrocs tirent profit de cette idée pour convaincre des personnes vulnérables d’investir en cryptomonnaies. Les victimes sont toujours plus nombreuses à en faire les frais lorsqu’elles découvrent ce qu’il est advenu de leurs actifs crypto…

Pourquoi les cryptomonnaies sont un nouveau terrain de jeu pour les arnaques?

Pour les fraudeurs, l’essor des cryptomonnaies a été une aubaine, une opportunité exceptionnelle. Jugez plutôt : en 2021, les fraudes et vols de cryptomonnaies ont augmenté de 600%. On sait aussi qu’un quart des plaintes reçues par l’AMF, le gendarme financier français, concernent des crypto-actifs. Les offres d’investissements en cryptos sont ponctuées de scandales notoires comme la fameuse affaire Onecoin, qui représente plus de 4 milliards de dollars de préjudice. Et nous dénonçons régulièrement des arnaques manifestes dans ces domaines. Facteur aggravant : ces dernières années, l’envol d’une cryptomonnaie comme le Bitcoin a massivement servi à des margoulins pour vendre du rêve autour de l’investissement numérique en crypto.

La technologie de la blockchain, qui rend les cryptomonnaies possibles, se prête assez naturellement à ce type de dérives. Elle a été pensée pour se passer de l’État, pourtant chargé, dans les démocraties, de protéger l’intérêt général. Les cryptos portent une idéologie anarco-libertaire où l’individu est supposé décider seul de ce qui est bon pour lui, au fil des informations d’un marché dérégulé de l’information. Conséquence : la prolifération d’offres frauduleuses, où la tromperie devient la norme et l’honnêteté l’exception. Il y a fort à craindre que tradeogre.ca doive être rangé dans cette catégorie…

Le paradoxe est total : la blockchain et les cryptos promettaient une sécurité parfaite des transactions. Comment fonctionnent alors ces escroqueries de plus en plus sophistiquées qui impliquent désormais les monnaies issues de la blockchain ?

Pourquoi le trading est souvent utilisé pour des escroqueries?

Le trading, la bourse et les marchés financiers servent depuis une quinzaine d’années de support à d’innombrables arnaques visant les petits investisseurs auxquels on vend le rêve de devenir trader. 7 milliards d’euros ont ainsi été extorqués aux épargnants français, sans doute davantage. Les escrocs recrutent un particulier et l’incitent à prendre des positions très risquées, avec un fort risque de perte en capital. Et, quel que soit le scénario, ces traders débutants finissent systématiquement par perdre leur mise, formation ou non.

Ces sites se multiplient parce que chaque plateforme ou courtier peut capter l’argent perdu par les clients. C’est particulièrement vrai sur le Forex et les CFD (voir notre lexique pour la définition). Le Forex correspond au marché des devises. Les CFD permettent de parier sur l’évolution future d’une valeur, y compris le cours d’actions. Cela vaut également pour les options et les contrats à terme, encore plus complexes.

Sur le Forex et les CFD, une plateforme de trading fonctionne en réalité comme une bourse décentralisée, à l’inverse de la bourse actions. Cela signifie qu’elle doit trouver elle-même une contrepartie pour chaque ordre, puisque le trader ne devient pas propriétaire d’un titre : il prend un engagement lié à un événement futur.

Trading, casino, forex, jeux d’argent, CFD, options, casino, jeux d’argent… Quelle différence?

On est donc davantage sur une bourse de paris que sur un marché d’échange de valeurs comme des actions. La plateforme peut alors trouver un autre utilisateur prenant la position inverse. Ou bien aller chercher une contrepartie sur les marchés mondiaux. Ou encore, prendre elle-même la position opposée à celle de son client, au sein de son propre système.

Mais le site de trading dispose d’un avantage majeur : il sait qu’un particulier qui trade est généralement un mauvais trader. Ils perdent leur argent 9 fois sur 10, comme le montre une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Et surtout, la plateforme peut analyser le carnet d’ordres de ses clients et le comparer aux marchés pour évaluer leur niveau d’efficacité.

Si le client accumule les pertes, la plateforme peut juger plus rentable de prendre elle-même la contrepartie de chaque ordre, plutôt que de la chercher ailleurs. Elle captera ainsi la perte à la place d’un acteur du marché.

Au final, ce mécanisme ressemble fortement à celui d’un casino et des jeux d’argent. Les ressorts psychologiques sont les mêmes. De nombreux gourous vendant des formations l’ont bien compris : ils prétendent qu’une formation suffirait à faire fructifier son argent en trading.

Que vaut la formation à l’analyse technique et à la stratégie?

Même formé, un particulier perdra la grande majorité du temps. Les professionnels le savent, et beaucoup d’épargnants en ont fait l’expérience. Pourtant, des formations promettent de devenir trader et de se former à l’analyse technique même sans diplôme. Les tarifs sont souvent très élevés ; il est généralement préférable d’allouer ces sommes à des placements classiques ou de consulter des conseillers financiers.

Le plus souvent, ces « professeurs » ne gagnent pas leur vie en tradant, mais en vendant des formations. C’est un non-sens : si vous saviez réellement éviter le risque et choisir les bonnes positions, pourquoi révéler votre méthode ? C’est d’autant plus grave qu’avec l’effet de levier, il est possible de perdre des sommes considérables en prenant un risque démesuré.

L’effet de levier permet de miser de l’argent que l’on ne possède pas. En cas de gain, on encaisse. En cas de perte, on doit rembourser. C’est pourquoi le trading ne devrait jamais être présenté comme un placement sans risque, ni comme un investissement « en bon père de famille ». Ce type d’investissement n’existe pas en trading. Le trading, par définition, comporte un risque de perte très important, contrairement à l’investissement en actions au sens classique. Nous avons un avis très tranché sur le trading destiné aux particuliers : il devrait être interdit.

Liens entre le trading sur cryptomonnaie et criminalité organisée

Les sites de trading peuvent être régulés ou non régulés. Lorsqu’ils sont installés légalement dans l’Union européenne et bénéficient du « passeport financier européen », ils sont dits « régulés ». Ils peuvent alors proposer leurs services dans les autres pays de l’UE, dont la France.

Évidemment, certains petits pays peu scrupuleux jouent la carte du nivellement par le bas : ils abaissent leurs exigences pour attirer des acteurs mal intentionnés, qui s’y implantent afin d’arnaquer des victimes dans d’autres pays européens, dont la France.

Le cas le plus connu est Chypre, située à environ 300 km des côtes israéliennes. Les sociétés enregistrées à Chypre arrivent en tête des plaintes déposées devant l’AMF car elles profitent de l’application de la Directive européenne MIFID. S’ils ne sont pas régulés, cela signifie qu’ils n’ont pas le droit de proposer du trading, mais qu’ils le font quand même. Les régulés sont une forme d' »arnaques légales ». Les non régulés sont illégaux et relèvent toujours de l’escroquerie. Un trader professionnel n’utilise jamais une plateforme non régulée.

Pour saisir l’ampleur des fraudes à l’investissement dans le trading au détriment des petits investisseurs, nous vous recommandons cette enquête parue dans le Times of Israël. Elle explique clairement pourquoi le trading destiné aux particuliers ressemble à un casino. Cet article et d’autres mettent aussi en lumière les liens qui existent entre industrie du trading, jeux d’argent et criminalité organisée.

Cette industrie est devenue si puissante qu’elle parvient à occuper l’espace médiatique sur les mots-clés liés à ces thématiques. Parfois, elle réussit même à infiltrer des médias respectables pour se faire de la publicité. Ces arnaques touchent désormais toutes les catégories de la population : ce ne sont pas de simples attrape-nigauds. Il devient de plus en plus difficile pour un épargnant de s’informer et de décider sereinement. À terme, c’est une menace croissante pour la sécurité de l’épargne en France et ailleurs.

En réalité, la frontière entre jeux d’argent et trading n’est pas si nette, qu’il s’agisse de CFD ou de cryptomonnaies. Des pseudo-conseillers financiers proposent donc le trading sur actifs crypto comme on vend des jeux d’argent, en activant des leviers psychologiques puissants : addiction, FOMO (peur de rater une opportunité), promesses de gains… Aucun particulier ne devrait trader le Bitcoin…

Trading et cryptomonnaies: une arnaque sophistiquée

Au vu de tout ce qui précède, nous adoptons une position très défavorable vis-à-vis des offres de trading sur cryptomonnaies. On comprend facilement pourquoi les escrocs du trading se sont tournés vers le bitcoin et d’autres cryptos : les plateformes qui opéraient sur les CFD se sont recyclées et ont changé de discours.

Le scénario reste identique à celui des arnaques au Forex et aux CFD : seules les étiquettes changent. On parle désormais de Bitcoin, d’applications blockchain et de cryptomonnaies. Au téléphone, les escrocs continuent d’évoquer levier, cours, positions, achats, actifs, ordres, trades et portefeuilles. Et, au final, ce sont les victimes qui se retrouvent à parler de risques pris et de pertes colossales.

Ces arnaques prennent parfois des formes dérivées, comme le copy trading. Le principe : copier les ordres d’un trader censé gagner beaucoup d’argent, via un abonnement. Et, le plus souvent, on vous pousse à ouvrir un compte sur une plateforme connue (Bitpanda, Etoro, Trade Republic ou Binance), généralement via un lien sponsorisé.

Ces arnaques au trading sur cryptos sont encore plus dangereuses et plus difficiles à démasquer, car elles parviennent souvent à faire croire que tout est de votre faute. Dans les anciennes arnaques au Forex/CFD, la responsabilité de la plateforme sautait davantage aux yeux. Aujourd’hui, les victimes sont incitées à prendre des risques toujours plus grands, avec un levier excessif, et lorsque leurs actifs disparaissent, elles ignorent parfois que la plateforme et le recruteur se sont enrichis à leurs dépens.

Nous publions donc un avertissement très clair contre toute offre qui vous promet de devenir trader et vous incite à ouvrir un compte sur des plateformes d’échange de cryptomonnaies à fort effet de levier : le risque encouru est massif.

Une offre sortie de nulle part et totalement inconnue d’internet

Cette offre semble quasi inexistante sur internet. Les moteurs de recherche renvoient très peu, voire aucune référence pertinente. Cela suggère que l’offre est inconnue, et que personne ne sait ce qu’elle vaut. C’est un signal alarmant lorsqu’on prétend proposer de tels services. C’est cohérent avec l’idée d’un lancement récent, et donc d’une structure susceptible de disparaître aussi vite qu’elle est apparue, une fois les victimes abusées.

C’est aussi un indice que cette offre n’a pas cherché à construire une réputation, probablement parce qu’elle ne vise pas à durer. Certaines arnaques, au contraire, investissent dans des stratégies réputationnelles pour fabriquer une crédibilité artificielle et s’installer dans le temps, mais cela exige un budget que toutes les structures frauduleuses ne souhaitent pas engager.

Aucune mentions légales sur tradeogre.ca

Les mentions légales, pourtant obligatoires, semblent totalement absentes du site tradeogre.ca.

En effet, selon la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires pour l’information du public », c’est-à-dire:

On les trouve généralement en bas de page, souvent à proximité des conditions générales d’utilisation. Le non-respect de cette obligation d’information est considéré comme sérieux : il est puni d’1 an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Au regard des services revendiqués par tradeogre.ca, cette absence peut paraître particulièrement préoccupante. tradeogre.ca semble donc s’exposer à cette sanction.

Une société sérieuse ne prendrait pas un tel risque. En pratique, ce sont surtout des escrocs anonymes, dissimulés derrière leurs écrans, qui se permettent de ne pas respecter la législation européenne.

Tradeogre.ca aurait sa place sur une liste noire?

Si une entité figure sur une liste noire publiée par un gendarme financier, vous pouvez en déduire avec certitude qu’il s’agit d’une arnaque. Mais si elle n’y figure pas (encore), cela ne prouve absolument pas qu’elle soit fiable. Nous publions régulièrement des alertes sur des entités frauduleuses qui ne sont pas encore inscrites sur ces listes.

Les arnaques en ligne relèvent d’un jeu du chat et de la souris, avec une course contre la montre permanente : les escrocs créent une nouvelle structure, l’exploitent quelques semaines ou quelques mois, puis l’abandonnent dès que les premières victimes se manifestent et que l’arnaque est identifiée. Ensuite, ils recommencent sous un autre nom.

On finit souvent par les retrouver sur ces listes noires. Si les interlocuteurs de tradeogre.ca vous invitent à vérifier qu’ils n’y sont pas pour « prouver » leur honnêteté, c’est plutôt un mauvais signe… Cela veut dire qu’ils ont eux-mêmes vérifié l’absence du nom pour s’en servir comme argument. Ces listes ne sont jamais exhaustives ni définitives.

Nous vous recommandons vivement de contacter par mail ou par téléphone Epargne Info Service, le service de l’AMF chargé de protéger les épargnants. Ils pourront vous dire rapidement si cette entité est autorisée à proposer ce type de services en France. Si l’offre est illégale, elle sera probablement ajoutée à leur liste noire.

La mise en place de ces listes noires est aussi un aveu partiel d’impuissance des autorités face à la prolifération des arnaques sur internet et, plus largement, à la difficulté de réguler le web. Elles recourent donc à cette forme de « shaming » public.

L’avis de Warning-Trading: tradeogre.ca est une arnaque

Au vu des éléments ci-dessus, il n’y a plus de doute : tradeogre.ca est une arnaque financière.

L’escroquerie financière en ligne est devenue une industrie très lucrative, et cette entité en reprend manifestement les méthodes : illégalité, tromperie, anonymat, usurpation d’identité… Si vous hésitez, ne leur accordez pas votre confiance. Et si vous êtes déjà victime, vous trouverez des conseils ci-dessous.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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